FR: Colloque international  » Le robot social comme objet d’enquête philosophique  » Maison de la Recherche 30 et 31 mai 2018

Colloque international « Le robot social comme objet d’enquête philosophique »

Maison de la Recherche 30 et 31 mai 2018

Anouk BARBEROUSSE

Professeure de la philosophie des sciences à Sorbonne Université

 

Laurence DEVILLERS

Chercheur LIMSI-CNRS, professeure en informatique à Sorbonne Université

 

Sergey VOLKOV

Doctorant ED V à Sorbonne Université

 

 

Présentation du colloque

Cela ne fait que quelques dizaines d’années que l’industrie de la robotique a commencé à introduire des agents conversationnels artificiels dans l’environnement humain, sous forme de chatbots ou de robots capables d’interagir avec les humains de manière plus naturelle. Un agent conversationnel est un agent intelligent conçu pour répondre automatiquement aux questions des utilisateurs à travers des interfaces conversationnels. Ces interactions nouvelles nous conduisent à les voir comme des agents sociaux de plein droit. Ils sont amenés à transformer la façon dont les gens interagissent avec internet, en facilitant l’automatisation de nombreux services, de la commande de repas à la recherche d’information, en passant par le conseil.

Les agents sociaux artificiels que sont les robots dits « sociaux » (incarnés physiquement, comme Pepper de Softbank Robotics), les chatbots (comme Google Home ou Alexa Amazon), ou encore les compagnons virtuels holographiques (Gatebox de Vinclu) vont selon toute apparence jouer un rôle marquant dans notre vie quotidienne comme assistants à la maison ou dans des domaines tels que la médecine, l’enseignement, le journalisme, l’industrie de guerre, etc. Ils prennent place à côté de nous comme des compagnons ou des jouets capables de surveiller les enfants, des assistants médicaux pour les personnes âgées ou les malades d’Alzheimer, et même dans la sphère intime des relations sexuelles. L’industrie de la robotique sociale poursuit deux objectifs principaux : répondre aux besoins pratiques des utilisateurs et mettre à disposition de la communauté scientifique des artefacts servant à l’investigation de phénomènes sociaux. La particularité de ces artefacts est qu’ils engagent les gens dans des interactions sociales et affectives de longue durée avec eux. Leur autonomie se manifeste par leur adaptation au changement dans leur environnement physique ou social et lorsqu’ils ajustent leur comportement à leurs objectifs. Ainsi la classe des robots sociaux diffère-t-elle de la classe des objets techniques auxquels les humains étaient précédemment habitués. L’impact que la robotique sociale a sur la science et la société promet d’être majeur. La perception adéquate des défis sociétaux du développement progressif de ces technologies exige-t-elle une réflexion systématique.

On considère généralement les humains comme les seuls membres légitimes de la société parce qu’ils sont des personnes et sont en outre capables de reconnaître les autres comme des personnes. Pourtant, les agents sociaux artificiels, même s’ils ne sont pas des personnes, peuvent participer à des interactions sociales avec les humains. Quelles sont les limites et les potentialités de ces interactions sociales entre humains et robots ? Le colloque vise à explorer cette question selon deux axes principaux :

  • Statut des robots: Si ce ne sont pas des objets techniques ordinaires au sens simondonien, mais pas non plus des organismes doués de conscience comme les humains, à quel genre d’entité appartiennent-ils ? Faut-il créer une catégorie nouvelle pour eux ? Peuvent-ils être considérés comme des membres de la société, qui participeraient à la formation de l’ordre social ? Que nous enseignent-ils sur la socialité humaine ? Quelle place occupent-ils par rapport aux animaux domestiques ? Quelles sont les avantages et les défis provenant de la construction des robots anthropomorphes et zoomorphes ?
  • Questionnement normatif : Doit-on laisser les robots sociaux entrer dans notre vie quotidienne et leur permettre de se substituer à certains agents sociaux naturels comme les infirmières, les garde-malades, les enseignants ou les animaux domestiques ? Quelles doivent être les attentes des humains par rapport aux robots sociaux ? Doit-on accepter des relations affectives avec les robots sociaux ?

 

 

 

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